Bonsoir tout le monde ! Je vous avais promis des recettes libanaises cette semaine, c’est chose faite ! Bon, il faudra attendre encore un peu pour les falafels… Ils se sont disloqués à la cuisson, une belle erreur de débutante ! Par contre le houmous et le pain pita ont été cuisinés et mangés avec succès, donc je vous livre les deux recettes dans deux articles différents.

Commençons par le houmous, littéralement « pois chiche » en arabe. La transcription peut varier : hommos, houmous, hummus, humus, oumos et j’en passe. Il s’agit d’un plat originaire du Proche-Orient, composé de pois chiches écrasés et mélangés avec une pâte de sésame que l’on nomme tahin ou tahini, téhina, tahina… qui n’est autre que du sésame écrasé également et mélangé avec un peu d’eau jusqu’à former une pâte. À ces deux ingrédients, on ajoute généralement du citron, du cumin, de l’ail, de l’huile d’olive et des herbes aromatiques (coriandre, persil…).

Les origines du Houmous.

Tel qu’on la connait, la recette aurait émergée au XVème siècle au sein de l’empire Ottoman. Cependant, la domestication des pois chiches « sauvages » date du Néolithique (entre -10 000 et -3300 av. J.-C.) et les premières traces écrites de cette préparation culinaire du VIIIème siècle av. J.-C. … Le pois chiche étant un aliment endémique de la Mésopotamie (région entre le Tigre et l’Euphrate), de nombreux pays se disputent la recette. C’est là que ça devient intéressant 😀

« La Guerre du Houmous » : WTF ?!

Je suis tombée la-dessus en faisant des recherches pour l’article et bien que ce soit un sujet sensible, j’ai trouvé ça plutôt cocasse. Vous serez peut-être étonnés d’apprendre que pas moins de 8 pays dont la Grèce, la Syrie, la Turquie, la Jordanie, Israël et le Liban se livrent une « Guerre du houmous » depuis de nombreuses années pour s’attribuer la création de cette fameuse mixture de pois chiches écrasés. À première vue, cette querelle pourrait sembler irrationnelle, et pas qu’un peu XD. Cette affaire est surtout historico-politico-commerciale => via ce plat ancien, c’est l’ancrage historique des différents pays au sein de cette région qui est défendu.

En 2010, l’Association des industriels libanais entamait une procédure pour que le houmous soit officiellement certifié libanais auprès de l’Union Européenne, comme les Grecs l’avaient faits jadis avec l’appellation « Féta », en 2002. Pour le Liban (et d’autres pays), la production et l’exportation du Houmous par Israël, sous le label « cuisine israélienne » (ainsi que d’autres spécialités du Moyen-Orient comme les falafels, le taboulé…) seraient une énième spoliation de leur part. Créé officiellement en 1948, Israël ne serait pas éligible à entrer dans la liste des pays susceptibles de fabriquer l’ancestrale recette du Houmous.

Entre Israël et le Liban, la Houmous-discorde est décuplée, d’une part via l’Histoire explosive entre ces deux pays mais aussi par les dollars. Aux États-Unis, le Houmous est une star, notamment grâce à l’essor des produits végétariens, et rapporte plus d’un milliard de dollars chaque année. C’est l’entreprise israélienne Sabra qui bénéficie des 2/3 des bénéfices… La recette y est donc associée à Israël, de quoi faire rager les Libanais, entre autres.

Et qu’en est-il du Houmous dans le Livre Guinness des records ?

Toujours en 2010, un village palestinien d’Israël près de Jérusalem a raflé la première place du plus grand plat de houmous avec une préparation de 4 tonnes dans un plat de 6 mètres de diamètre contre 2 tonnes seulement pour le Liban… Mais n’ayez crainte, ce dernier a répliqué en en préparant plus de 10 tonnes en mai de la même année 😆 Les Libanais ont aussi le record du plus grand taboulé.

Un documentaire sorti en 2012 a été tourné à ce sujet : « Make Hummus Not War » (« Faites du Houmous, pas la guerre »)… ou comment mettre un terme aux guerres du Proche-Orient grâce à l’amour qu’ont ces pays pour cette recette commune. Ne trouvez-vous pas cette idée poétique ?! 😀

Revenons à nos pois chiches : ça fait très longtemps que je fais du houmous (avec le guacamole, ce sont mes recettes d’apéro fétiches) alors j’espère qu’elle vous plaira. Sentez-vous libre d’y ajouter des ingrédients : on peut y incorporer de la betterave, des pignons grillés, des épinards, du fromage… Ici, c’est ma version de la recette traditionnelle.

Comment cuire les pois chiches secs ?

Pour la préparation des pois chiches secs :

-faites tremper les pois chiches secs la veille durant une nuit ou au minimum 12H afin que les légumineuses gonflent ;

-faites-les ensuite cuire dans de l’eau bouillante non salée pendant 1H20 environ, jusqu’à ce que vous puissiez les écraser facilement avec une fourchette ;

-Égouttez et rincez-les ;

-afin qu’ils soient plus digestes, enlevez la peau si vous avez le temps. C’est facile à faire mais long… Il suffit de pincer le pois chiche et d’exercer une petite pression. De mon côté, comme je suis une feignante, je passe les pois chiches au presse-légumes mais c’est également fastidieux (il faut les mouiller légèrement au fur et à mesure).

=> En clair, c’est chiant, et vous devez anticiper vos recettes. Cependant, ils sont plus fermes que ceux en conserve… Vous pouvez aussi les faire tremper en grande quantité et préparer vos propres bocaux de pois chiches maison (recette que j’ai trouvé sur le blog « La Cuisine d’Adeline »).

AuteurOnmangequoiViolette

Portions4 portions

 270 g de pois chiche
 2 gousses d'ail
 2 c. à c. de tahin (purée de sésame)
 2 c. à c. de cumin
 Le jus d'1 citron
 15 c. à s. d'huile d'olive
 sel, poivre
 Coriandre et/ou persil, basilic...

 

Ingrédients

 270 g de pois chiche
 2 gousses d'ail
 2 c. à c. de tahin (purée de sésame)
 2 c. à c. de cumin
 Le jus d'1 citron
 15 c. à s. d'huile d'olive
 sel, poivre
 Coriandre et/ou persil, basilic...

Instructions

Le Houmous

Les étapes.

Préparez vos ingrédients. Si vous utilisez des pois chiches secs, rendez-vous aux explications ci-dessus pour les préparer. S’ils sont en conserve ou en bocaux, égouttez et rincez-les.

Dans votre robot-mixeur ou au pilon, mixez/écrasez tous les ingrédients. Si la texture vous convient, disposez le tout dans un plat. Sinon, vous pouvez ajouter un peu d’eau pour la rendre moins épaisse.

Enfin, ajoutez un filet d’huile d’olive, un peu de cumin et une ou plusieurs herbes aromatiques.

Et voilà ! Vous pouvez le manger en accompagnement d’une salade avec du pain pita par exemple.

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